18.11.2007
Moi aussi je veux crier !
La liberté c'est le respect des droits de chacun
l'ordre c'est le respect des droits de tous.Eugène Marbeau
Conseiller d’Etat français
Cette semaine deux événements se sont croisés dans ma modeste vie de directeur …
D'une part, le "chahut des universités"
ne soit pas coloré d'abnégation et de désintéressement total mais au contraire teintés d'une affreuse réalité d'entreprise me révolte au plus haut point.Les mêmes qui réclamaient des moyens pour l'Université voudraient maintenant vérifier si ces mêmes moyens ne sont pas noyés dans des pseudos désirs d'emprise intellectuelle de quelques dirigeants désireux de voir leur nom écrit en haut des portes des amphis …
Ceux qui prônent une liberté d'appendre feraient bien de s'inspirer de ce droit à la différence pour permettre à tous les étudiants de choisir leur voie sans avoir à subir cette lâche intimidation du vote à main-levée et cette vindicte pseudo philosophique !
Le respect des autres …
Dans notre centre de formation, cette semaine était celle des examens blancs (BTS et BacPro)
Pendant ces dernières années, j'avais plutôt participé à des soutenances de master ou doctorat et j'attendais donc avec une certaine curiosité celles de mes "petits" !
Quelle belle leçon ! J'aurais du inviter ces pseudos étudiants plus trotskistes et activistes que soucieuxde leurs parcours intellectuel et professionnel ! Ici pas de faux semblants : du travail, tous les jours, des soucis, sans doute comme tout le monde … mais qui prennent ici un écho particulier compte tenu de l'imbrication du travail, de l'école et de la vie de famille, des rêves de réussite, comme encore combien d'entre nous …, et une volonté de devenir qui devraient inspirer ceux qui traînent leur devenir dans ces antichambres du chômage que sont certaines filières revendiquées par ces utopistes violents !
Je ne vous cacherai pas ici le plaisir que j'ai pris à voir ces jeunes expliquer la vision de leur rôle dans l'entreprise et chercher à présenter dans un professionnalisme bon-enfant et si pétillant de candeur leurs fonctions parfois modestes mais porteuses de tant de bonne volonté !
Et je ne vous cacherai pas non plus la fierté que j'ai eue en comprenant le rôle qu'avait joué, que devaisjouer et que jouera notre modeste centre dans l'avenir de ceux que je considère respectueusement mais presque immodestement au regard de la responsabilité que cela inclut comme "mes petits" ! Tout penauds dans leurs beaux habits du dimanche, tout tremblotants d'appréhension, rongés par le stress de ne pas être à la hauteur de nos attentes, ils sont biens nos jeunes ! Loin de leurs "aînés" qui défilent, brandissent, vocifèrent et déblatèrent, ils travaillent, apprennent, et grandissent dans le respect des valeurs de considération, de morale, d'humilité qui défient notre admiration.
Moi aussi, j'ai envie de descendre dans la rue hurler :
Respect "mes petits" !...
cvouilloux@gmail.com
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13.11.2007
Non à la loi de Dark-Vador !
Un chef d'entreprise se doit de communiquer à toute son équipe une énergie, une volonté et une force de nature à motiver, à entraîner, à exciter parfois et à dynamiser toujours.
En trempant ma tartine au beurre de Guérande dans mon café Lavazza du matin, j'écoutais d'une oreille distraite les informations sur une radio publique mais tout de même gavée de publicités. Et soudain je me rendis compte que toute cette information était empreinte de noirceurs et de sensationnalisme : Dark-Vador … !
comme volontés partagées et souvent sans aucune analyse économique digne de gens responsables et prétendument spécialistes !La force du faible …
Il est tentant de faire croire à des salariés, dont le panurgisme me laisse d'ailleurs aussi pantois, qu'il est toujours facile d'augmenter les salaires, de distribuer des primes à tout-va … sans répercussions sur la vie d'une entreprise. Que les syndicats veillent aux conditions de travail des salariés, aux respects des règles d'éthique et d'égalité, à la défense de ceux qui auraient à subir les errements de chefs d'entreprise plus proches de certains négriers du siècle dernier, j'y vois une nécessité. Mais que sous couvert d'une pseudo mission de services, ceux-ci cherchent à prendre un pouvoir dont ils ne sauront d'ailleurs sans doute pas quoi faire me révolte.
Attiser la noirceur des faits est d'une facilité de lâches.

Mais les journalistes ne sont pas exempts de reproche non plus : leur mission est de rapporter l'information. Combien d'entre nous ont entendu le résultat des négociations en cours entre syndicats, patronat et gouvernement ? Par contre, les journées de grève dans les transports reviennent comme des leitmotiv … Combien d'entre nous ont eu aussi envie de faire grève contre ceux qui refusent le statut de nantis au regard de ces 3,5 millions de personnes allocataires de minima sociaux (6 millions de personnes au total en vivent !) en mettant en avant des conditions de pénibilité, d'énervement ou de stress que nous connaissons tous ? Quelle tribune ont eu ces "révoltés du privilège" ?
La force du parti-pris.
Ne parlons pas ici de ces élus frileux qui décident mais s'écartent du champ, tels des vendeurs d'armes qui seraient opposés à la vente de munitions. La politique et le syndicalisme sont sœurs jumelles, issues des même moules, nourries par les mêmes ambitions, gouvernées par les mêmes volontés et rétribuées par les mêmes contribuables, ceux qui se battent chaque jour contre la puissance du noir, du sombre, de l'immobilisme et du découragement.
La force de la déresponsabilisation.
Notre génération a été bercée par les Luke SkyWalker, Anakin Skywalker, princesse Leia, Yan Solo etautre Chewbacca. Dans ces films d'anthologie la Force conduit toujours au succès, la Coalition regroupe toutes les forces du mal pour en faire une arme contre laquelle les chevaliers devront lutter à force de loyauté, d'honnêteté, d'entraide loyale et désintéressée. Flatter nos bas instincts pour obtenir un quelconque pouvoir, créer une suspicion entre catégories professionnelles, désolidariser pour mieux diriger, cacher sous des apparats d'objectivité les faits dans tout leur périmètre… Dark Vador ne serait-il pas de retour ?

Armons nos sabro-lasers de bonne volonté, voyageons vers les galaxies de la volonté et du courage quotidien, construisons ensemble la cité de l'égalité et du respect : soyons nous aussi les Jedi de notre pays et abandonnons dans le cyber-espace de la médiocrité et de l'hypocrisie tous ceux qui ne partageraient pas ces convictions de salut !
Prouvons à ces jeunesque nous avons en charge d'éduquer que les vraies valeurs sont celles qui n'ont pas besoin d'étendards médiatiques mais qui naissent de la cohérence morale, de la solidarité, du respect et … de plaisir de vivre !
Boutons les Dark-Vador hors de France !
cvouilloux@gmail.com
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12.11.2007
L'essentiel est invisible il disait !
Il est de bon ton aujourd'hui de se plaindre de son salaire, de son pouvoir d'achat, des hausses de prix, des taxes qui augmentent … Que l'on ne s'y méprenne pas toutefois, je ne voudrais pas m'exclure de ceux qui vivraient mieux s'ils gagnaient plus et achetaient moins cher !
Mais en réglant encore quelques factures, je m'interrogeais … Où se situe donc cette barrière du "confortable" ? A partir de quel salaire ne peut-on plus dire que la vie est dure ?…
Pour être honnête avec vous au début de ce billet, je ne suis pas propriétaire de cette interrogation : un étudiant que j'ai rencontré la semaine dernière venait me raconter les débuts de sa vie d'adulte : son autonomie financière, son petit studio, ses quelques sorties… Et pourtant, ses chaussures ne laissaient suinter aucune odeur de fromage périmé, ses vêtements ne présentaient aucun cancer de couture, son haleine n'évoquait aucun animal en putréfaction derrière les amygdales, et ses ongles ne présentaient pas les restes d'un dernier grattage frénétique … Il avait l'air normal !
Quand jelui demandai alors comment il pouvait vivre avec ses quatre-vingt pourcent du SMIC, il m'a simplement répondu qu'il se consacrait à l'essentiel…
Heureusement pour lui, ce "blanc-bec" présentait un physique proche de celui d'un rugbyman et ma carrure de stylo BIC comme dirait ma fille m'interdit toute action violente. Cette claque de vérité m'a longtemps perturbé, voire traumatisé :
La liste pourtant pourrait être longue : l'argent, la maison ou l'appartement, la voiture, les "fringues" comme disent les jeunes, le téléphone portable, MSN, les boucles d'oreille …
Elle pourrait être matérielle mais aussi plus 'inspirée" : la famille, les amis ou les copains (la distinction a fait les belles nuits de nos étés autour d'une guitare sur les plages de Quiberon), les relations professionnelles, les petites amies ou les petits amis (même si l'expression fera glousser les ados !), le poisson rouge … ?
Dans cette longue liste, ou se place l'enseignement ? Mes fonctions de "dirlo" m'obligent à réfléchir à cette question digne d'une épreuve de philosophie du BAC :
Est-il important d'apprendre ?
Ne lisez pas trop vite, marquez une pause…
Laissez votre stylo sur le cuir de votre sous-main (essentiel ?), remettez du Stan Getz sur votre chaîne HiFi (essentielle ?), reprenez un peu de ce Bordeaux (essentiel ?), respirez un grand coup de cet air chaud et délicatement suggestif de la cheminée (essentielle ?), et laissez vous emporter par la méditation …
Et pour une fois, je laisserai la réponse en blanc … en attendant vos commentaires…
et le prochain billet d'humeur de votre dirlo préféré !
cvouilloux@gmail.com
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10.11.2007
Tu veux faire quoi quand tu seras grand ?
Quel métier feras-tu quand tu seras grand ?
Jacques Martin (à qui je dois une partie de ma vocation … inassouvie…) nous égrenait cette question tous les dimanches. Et si nous nous la posions aujourd'hui ?
La révolte de Parsifal gronde dans mes oreilles. Sa soif d'aventures et sa quête de liberté ont transcendé Wagner qui en fait un héros finalement peu éloigné de nous. Qui n'a rêvé de se laisser emporter par ce rêve d'indépendance, de paix et de sérénité vers des horizons plus proches d'une vocation inassouvie ?
Mes activités de consultant m'ont ouvert les portes des "intimités" (terme un peu prétentieux je vous l'accorde) de nombreux professionnels. La réalité du travail est cinglante : très peu d'entre nous batifolent dans les périmètres professionnels qui habitaient notre enfance : pompiers, policiers, docteurs, maîtresses, explorateurs, aviateurs …. ont bercé nos douces nuits de l'enfance. Mais l'avenir s'est montré bien différent. Sans doute le passage des études, celui du premier poste, le hasard des premières errances ont-ils modifié le chemin que nous avions dessiné sur notre carte de vie …
En tant que chef d'entreprise, aujourd'hui plus encore, je m'interroge sur la part de rêve que doit apporter le travail dans cet environnement cinglant de pressions, de logiques économiques et de batailles purement financières. Chaque jour, je traque dans les regards qui m'entourent la satisfaction d'une journée "heureuse", une journée pendant laquelle chacun aurait avancé un peu plus vers une paix et une juste sérénité à défaut de se rapprocher d'un idéal éphémère et sans doute trop éloigné.
En tant que directeur de centre, je suis hanté par la mission à laquelle nous devons nous atteler avec force et volonté : transmettre cette valeur d'idéal et d'aboutissement sans laquelle le travail n'est rien d'autre qu'un exutoire à la douleur d'une vie quotidienne trop floue.
Comment expliquer à ces jeunes à peine sortis de ces languissantes monotonies adolescentes que la vie en entreprise, par une conquête constante, humiliante et douloureuse parfois, déraisonnable aussi d'une indépendance financière, peut les conduire à la réalisation de leurs idéaux insensés ? Doit-on leur avouer que leur vie professionnelle tarira petit à petit cette soif de se révéler à leurs propres yeux comme à ceux des autres dans un costume emprunt de rêves et d'illusions à peine froissé par le passage dans le monde des adultes ?
Combien de temps encore travaillerons-nous à la recherche de cette vie que nous avons fantasmée étant enfant et que nous réclamons dans les songes de nos nuits difficiles ?
Offrons à ces jeunes étudiants la chance que nous n'avons pas su prendre, apprenons leur à continuer de Vouloir, à ne pas renoncer à ces idéaux qui font finalement la différence entre eux et nous …
cvouilloux@gmail.com
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